Ce schéma se retrouve tout au long de l'article : personne n'a besoin d'expliquer à la page éditoriale du Journal à quoi ressemble la situation lorsqu'une industrie établie demande à Washington de freiner un concurrent. C'est généralement l'argument avancé au nom des marchés libres et ouverts, ce qui rend cet éditorial d'autant plus décevant. L'éditorial suggère que les Républicains veulent faire adopter ce projet de loi en toute hâte avant de quitter la ville. Il ignore que la législation sur la structure du marché est en préparation depuis plusieurs années. La Chambre l'a adoptée il y a un an avec un soutien bipartisan écrasant. La commission bancaire du Sénat en a rendu compte en mai. Elle figure au calendrier du Sénat depuis juin et ne fait pas encore partie de l'ordre du jour cette semaine. La précipitation n'est pas le problème.
Il y a aujourd'hui une véritable mine politique dans les marchés des actifs numériques. Mais elle ne se trouve pas dans ce projet de loi ; la seule chose qui sépare une entreprise américaine légale d'une action d'application de la loi est une orientation interprétative qu'une future administration peut retirer à sa guise.
Les marchés libres incitent les nouveaux produits à gagner leur place en compétition sous des règles que chacun peut lire, et non en attendant que les acteurs en place les approuvent. Tel est le point de vue habituel du Journal. Heureusement, c‘est ce que Clarity permettrait d’atteindre. Il garantirait que les intermédiaires opèrent sous de véritables obligations, laissent les logiciels neutres tranquilles, et laissent le marché décider du reste. Le conseil d‘administration devrait souhaiter le résultat qu’il a défendu dans presque tous les autres cas.

